Rich text La gravière Holcim d’Aigle

 

La gravière Holcim d’Aigle avec ses sols sableux, ses plans d’eau et ses zones boisées offre d’excellentes opportunités de préservation et de développement de la biodiversité locale. Elles hébergent de nombreux mammifères, oiseaux, insectes, reptiles et batraciens ainsi que des espèces végétales. Un exemple est le petit gravelot, une espèce en voie de disparition qui vient s’établir chaque année sur le site de la gravière pour y pondre.    

Comment concilier la production avec la protection des espèces menacées? Holcim transforme ses anciennes gravières en zone agricoles ou les réhabilite en collaboration avec des organismes de conservation. Cela donne à différentes espèces animales et végétales un nouveau foyer. De nombreuses anciennes zones minières de Holcim ont aujourd'hui le statut de réserves naturelles. Le plus important pour la grande biodiversité des gravières ce sont les surfaces laissées à la nature et réparties sur le site durant la période d’exploitation comme on en trouve sur le site d’Aigle. Beat Haller de l’Association Suisse des Gravières et du Béton ajoute: “Les zones temporaires sont tout particulièrement intéressantes car elles permettent à des espèces rares de se développer. Par exemple, les zones où la terre est décapée, avant l’excavation du gravier offrent un habitat idéal aux petits gravelots et aux criquets. Pour se développer, ces animaux ont besoin de terrains graveleux sans végétation. ”

Tout au cours de cette journée organisée par Fauna VS à l’occasion de leur assemblée générale, Aleksandra Rnjakovic, ornithologue, Elodie Debons, chargée d’affaires pour Fauna.vs, Beat Haller, responsable nature / sols ASGB et Yvan Aubord responsable de la gravière Holcim d’Aigle ont montré qu’au travers de discussions une collaboration est possible. Yvan Aubord en est très satisfait: “Cette collaboration se passe pour le mieux. Les résultats sont d’ailleurs très prometteurs, comme le montrent les exemples des petits gravelots et des criquets aux ailes bleues.” 

  

Le petit gravelot

Le destin des petits gravelots semble lié à celui des gravières. En effet, il niche et pond ses œufs sur les zones sèches composées de sable, de gravier et de galets. Sa population a diminué jusque dans les années 1960 en raison de l’endiguement des cours d’eau. Elle a ensuite légèrement augmenté avec le développement des sites de granulats, car ces derniers leur fournissent un environnement favorable pour nicher et pondre leurs œufs. Mais ce n’est pas tout. Afin que l’espèce puisse se reproduire, la gestion de la gravière a dû être adaptée à leur présence. Aleksandra Rnjakovic porte un regard très positif sur la collaboration avec la direction et les employés du site d’Aigle: “La problématique liée à la perte des habitats dont souffre la majorité des oiseaux est un sujet qui me tient à cœur et les résultats très encourageants de ce projet démontrent que les activités humaines et économiques ne sont pas forcément incompatibles avec la protection des oiseaux ou de la nature”.

 

Les criquets aux ailes bleues

Les criquets aux ailes bleues sont également une espèce qui s’épanouit dans les gravières, dont celle d’Aigle, où ils se fondent parfaitement avec la couleur du sol. Ce n’est que lorsqu’ils volent qu’ils laissent apparaître leurs ailes d’un bleu turquoise. 
Afin que de telles espèces puissent se développer, la végétation doit être entretenue et les plantes invasives contenues. Sinon elles étoufferaient le reste du système.

 

Images: Sylvain Haye/ASGB Bern